Grégory Louis – Entomo Farm

Gregory Louis - Entomo Farm - resoo

Grégory Louis, de rebondissements en réussites

Paradoxe. Le mot définit assez bien le parcours de Grégory Louis, fondateur d’Entomo Farm, un élevage d’insectes éco-industriel à Blanquefort. « J’agis à l’instinct », résume-t-il simplement. Il juge sa trajectoire « atypique et pas très académique ». Il s’en excuserait presque.
A 16 ans, il quitte l’école et crée un an plus tard avec son meilleur ami un studio d’enregistrement et maison de production discount en Ile-de-France, pour aider des artistes de musique urbaine. Style que ce DJ et beatmaker, « dans la sphère privée uniquement, par manque de temps », affectionne particulièrement. Jeune adulte, il a déjà des notions de développement d’activité, de stratégie d’entreprise… Et est ouvert à tout. Avant ses 20 ans, il se tourne vers l’immobilier. Une activité qu’il estime à l’époque « porteuse et intéressante ». Il y découvre le développement commercial, la sélection de biens, la force de vente… Rapidement, l’agent immobilier qui sillonne le 16e arrondissement de Paris se montre performant et veut évoluer. Il se voit manager… mais pas son patron de l’époque. « L’évolution classique d’un commercial dans l’immobilier passe par la création de sa structure. Je n’étais pas suffisamment armé, je n’avais pas les diplômes… » Encore une fois, bouillonant et ambitieux, il change de voie et choisit la gestion de patrimoine et après quelques années, il crée son cabinet et s’entoure de commerciaux. Puis, nouvelle orientation et nouvelle ville : il déménage en Bourgogne pour gérer la succursale d’une société de construction de maisons. L’occasion de quitter « le stress parisien ». Mais arrivé sur place, l’entreprise décide de fermer l’agence, Grégory Louis se retrouve en Bourgogne sans emploi.

S’inspirer de sa passion pour entreprendre

Fatigué de ses expériences passées, il décide de se poser « pour trouver un boulot qui ait un véritable sens ». En 2013, devant le reportage de Charity Business sur l’après-séisme d’Haïti de 2010, « c’est l’électrochoc ». « On y voyait des enfants souffrir de malnutrition. Et la seule aide que l’on apporte, c’est une aide d’urgence, rien de pérenne… ». L’idée du siècle lui vint : les insectes. Cette passion qu’il nourrit depuis ses huit ans – il les élevait dans sa chambre – pourrait être une réponse à la famine. L’ambition, toujours, avec le sens en plus, car «l’insecte peut répondre à des enjeux alimentaires et financiers ; si on apprend aux gens à produire et commercialiser, ils peuvent reprendre en main leur destin. » Entouré d’entomologistes et dingénieurs agronomes, il développe son projet à l’échelle industrielle pour produire de la farine et de l’huile d’insectes. Dans un premier temps, il s’agit de changer l’alimentation des poissons d’élevage – aujourd’hui constituée de farines de poissons pêchés en mer – par une farine d’insectes hyperprotéinée, produite de manière écologique, sans intrantschimiques. L’idée est primée au concours 101 projets. « En 2014, on est suivi par Xavier Niel, on touche 25 000 € et c’est là que tout s’emballe. » En deux ans, il passe d’une structure de deux à quinze salariés, puis en 2016, l’entreprise réalise une levée de fonds de 1,2 million d’euros. Une belle revanche pour Grégory Louis un temps jugé « farfelu ou pas assez diplômé »… Et qui a vu plusieurs portes se fermer. « Certains ont cru en moi ». Et surtout, il n’a jamais douté de ses capacités. « Il faut avoir une vision, savoir s’écouter, se faire confiance. »

Grégory Louis
Entomo Farm
17 rue du Commandant Charcot
33290 Blanquefort
Mob : +33(0) 5 35 54 69 00

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Lire le reportage sur Entomo Farm
2017-05-29T16:47:40+00:00